Vu depuis Bandol, l'archipel des Embiez ressemble à une évidence : quelques îles basses, de l'eau claire, un phare. Sur place, c'est un peu plus subtil. Une partie du plan d'eau est fermée toute l'année, le plus beau mouillage ne tient pas par mistral, et le passage le plus court est aussi le plus mal pavé.
Cet article complète notre guide pour naviguer vers les Embiez depuis Bandol : il ne parle que d'une chose, où s'arrêter et comment.
🏝️ Un archipel, cinq morceaux
L'île des Embiez, la plus grande, achetée par Paul Ricard en 1958. Elle se parcourt à pied, sans voiture, et c'est elle qui abrite le port.
Le Grand Rouveau, à l'ouest, reconnaissable à son phare. Il appartient au Conservatoire du littoral.
Le Petit Rouveau, au nord-ouest, un îlot inhabité devant lequel on mouille.
Les îles du Gaou, au sud-est, reliées au Brusc par une passerelle : on y vient à pied depuis le continent.
Les rochers des Magnons et l'îlot de la Cauvelle, à l'ouest, qui ne sont pas des destinations mais des dangers à connaître.
⚓ Le mouillage du Petit Rouveau
C'est le mouillage de référence du secteur, à l'est du Petit Rouveau et au nord du port. Il est facile d'accès, la tenue y est bonne par beau temps, et l'eau est de celles qui donnent envie de plonger avant même d'avoir coupé le moteur.

Deux réserves. Les herbiers de posidonie y sont nombreux : on cherche une tache de sable clair avant de mouiller, quitte à faire un tour de plus. Et il n'est pas abrité du mistral. Par vent de nord-ouest établi, il devient inconfortable puis intenable. On le choisit pour un temps calme, jamais par défaut.
Un second mouillage est signalé au nord-est du Grand Rouveau. Il est moins couru et se juge sur place, selon le vent et la place disponible.
🚫 Là où l'on ne mouille pas
Trois zones sont fermées par arrêté de la préfecture maritime, et la première surprend chaque été des équipages de bonne foi.
La lagune du Brusc, entre le continent, les îles du Gaou et l'île des Embiez. C'est un espace Natura 2000 balisé toute l'année. La navigation et le mouillage des bateaux motorisés y sont interdits, et l'ancre y est proscrite en permanence. Les quelques postes qui s'y trouvent sont réservés aux barques traditionnelles de moins de sept mètres.
Le sud du Grand Rouveau, sur une bande de cent mètres : la falaise s'y éboule, aucun bateau n'y navigue ni n'y mouille.
Le chenal du port, où l'on ne s'arrête pas et où la vitesse est limitée à cinq nœuds.
S'y ajoute la règle qui vaut pour toute la Méditerranée française, quelle que soit la taille du bateau : on ne mouille pas sur l'herbier de posidonie dès lors que l'ancre peut l'abîmer. Le sable se repère à l'œil, clair et uniforme ; l'herbier apparaît sombre et moucheté.
🛟 Le port Saint-Pierre, le repli qui tient
Le port de l'île des Embiez est abrité de tous les vents, ce qui en fait le repli naturel quand le mouillage ne tient plus. Il réserve une centaine de places aux bateaux de passage et accepte des tirants d'eau jusqu'à trois mètres dans le bassin principal, ce qui couvre largement les voiliers et catamarans de croisière.
Pour la nuit, la place se réserve en ligne, sur le site de l'île.
Pour la journée, elle ne se réserve pas : on appelle la capitainerie sur le canal 9 de la VHF et elle attribue une place selon ce qui est libre.
À l'arrivée, le chenal est balisé et la vitesse limitée.
Les modalités et les horaires de la capitainerie figurent sur la page escale au port des Embiez. En juillet et en août, mieux vaut ne pas compter sur une place trouvée à l'improviste en fin d'après-midi.
🧭 L'approche : par l'ouest, pas par le milieu
Sur la carte, le passage entre l'île des Embiez et le Grand Rouveau semble être le chemin le plus court. Il est encombré de roches et ne se pratique que par mer calme, lentement, par quelqu'un qui le connaît.

La route classique fait le tour : on laisse le Grand Rouveau et les rochers des Magnons, prolongés par des hauts-fonds balisés, à bonne distance, puis on pare la balise de la Casserlane avant de revenir vers le mouillage ou vers le port. C'est plus long de quelques minutes et beaucoup plus tranquille.
Aucun article ne remplace la carte marine à jour du secteur. Les balises ont un nom, une position et un sens de passage : c'est elle qui les donne.
🥾 Descendre à terre
L'escale au port ouvre l'île à pied. Un sentier en fait le tour en une heure et demie environ, par les anciens salins, le fort Saint-Pierre et une chapelle du début du XVIIe siècle, jusqu'au point haut de l'île.
L'île produit aussi son vin, sur une dizaine d'hectares de vignes cultivées en bio, que l'on trouve à la boutique du domaine. Quant à l'Institut océanographique Paul Ricard, fondé ici en 1966, son aquarium est en travaux : regardez ce qui est ouvert sur le site de l'île avant de promettre la visite aux enfants.
🌬️ Quel arrêt selon le vent
Temps calme ou brise légère : le Petit Rouveau, sur le sable.
Mistral annoncé : le port Saint-Pierre, ou un retour vers la baie de Bandol avant que le vent ne rentre.
Doute sur la prévision : on réserve une place au port pour la nuit et on profite du mouillage en journée seulement.
C'est exactement le genre d'arbitrage qu'un skipper local fait sans y penser. Si vous partez sans, prenez-le la veille, à tête reposée, plutôt qu'au moment où l'ancre commence à chasser. Nos bateaux partent de Bandol, le port le plus proche de l'archipel, et de Toulon ; un skipper peut embarquer avec vous.






