🧭 Hyères, le port le plus proche des îles d'Or
Il y a une raison simple pour laquelle Hyères revient dans toutes les conversations de plaisanciers du Var : c'est le point de la côte le plus proche des îles d'Or. Porquerolles se trouve à environ 5 milles nautiques de la rade — moins de dix kilomètres depuis la presqu'île de Giens. Sous voile, à une allure ordinaire de 6 nœuds, cela représente une petite heure de navigation.
Cette proximité change la nature d'une sortie. Depuis Hyères, les îles ne sont pas une expédition : elles sont la destination naturelle d'une matinée. Vous pouvez lever l'ancre après le petit-déjeuner et mouiller devant une plage de Porquerolles avant midi.
Le port Saint-Pierre, sur la côte est de la presqu'île de Giens, fait face à l'archipel. La rade d'Hyères elle-même a une qualité que les navigateurs apprécient : quelle que soit l'orientation du vent, on y trouve un abri.
⛵ Quatre îles, quatre programmes différents
On parle des « îles d'Or » au pluriel, mais l'archipel des îles d'Hyères compte quatre terres, et elles ne se visitent pas de la même manière.
Porquerolles, la plus grande et la plus fréquentée
C'est l'île des plages : Notre-Dame, la Courtade, l'Argent sur la côte nord, abritée. La baie du Langoustier, à la pointe ouest, compte parmi les plus beaux mouillages de tout l'archipel — beaucoup de marins la placent au-dessus de tout le reste.
Revers de la médaille : en juillet et en août, les mouillages du nord se remplissent dès le milieu de matinée. Arriver tôt n'est pas un conseil de confort, c'est une condition.
Port-Cros, le parc national
Port-Cros est un parc national depuis 1963. Le mouillage y est strictement réglementé et certaines zones sont interdites, précisément parce que les fonds y sont les mieux préservés de la côte. C'est aussi ce qui en fait l'île la plus intéressante sous l'eau : le sentier sous-marin de la plage de la Palud se parcourt au masque et tuba.
Comptez une escale, pas un aller-retour. Depuis Hyères c'est faisable dans la journée ; depuis Toulon, cela prend tout son sens sur deux ou trois jours.
Le Levant, la plus sauvage
La majeure partie de l'île est une zone militaire, et l'autre partie est un domaine naturiste historique. Le Levant se découvre donc surtout depuis l'eau, en longeant ses côtes. C'est l'île dont on parle le moins et celle qui surprend le plus.
Bagaud, qu'on ne visite pas
Réserve intégrale, interdite au débarquement. On la contourne, on la regarde, on n'y pose pas le pied. Elle vaut d'être citée parce qu'elle explique la logique de l'archipel : ici, la protection n'est pas un décor.
🗺️ Trois itinéraires selon le temps dont vous disposez
Une journée : Porquerolles et retour
Départ tôt, cap au sud-est, mouillage sur la côte nord de Porquerolles, baignade et déjeuner à bord, retour en fin d'après-midi. C'est la sortie la plus demandée, et la plus simple à réussir.
Partir entre 8 h et 9 h : la mer est plus maniable et les mouillages encore libres
Prévoir le mouillage de repli avant de partir, pas une fois sur place
Rentrer avant la brise thermique de fin d'après-midi
Un week-end : Porquerolles puis Port-Cros
Deux nuits permettent de faire les choses dans le bon ordre : une première journée à Porquerolles, une nuit au mouillage ou au port, puis le saut jusqu'à Port-Cros le lendemain. Le parc national mérite une demi-journée pleine, sentier sous-marin compris.
Une semaine : l'archipel, puis la côte
Sur sept jours, l'archipel se parcourt sans se presser et il reste du temps pour la côte : la baie de Cavalaire et le golfe de Saint-Tropez vers l'est, le cap Sicié et les Embiez vers l'ouest. En haute saison, les locations se font par semaines complètes du samedi au samedi, l'usage méditerranéen.
⚓ Le mouillage, et ce que dit la réglementation
C'est le sujet sur lequel les plaisanciers se font le plus surprendre, et il tient en trois règles.
On ne mouille qu'à partir de 100 mètres du rivage, jamais avant
On jette l'ancre sur le sable, jamais sur les herbiers de posidonie — ils sont protégés et une ancre y fait des dégâts durables
Autour de Port-Cros, certaines zones sont purement et simplement interdites : se renseigner avant, pas sur place
La posidonie n'est pas une algue mais une plante à fleurs sous-marine. Elle pousse de quelques centimètres par an, ce qui rend chaque labour d'ancre irréversible à l'échelle d'une vie humaine. C'est la raison de la sévérité de la réglementation, et elle est appliquée.
Repérer un fond de sable est simple à l'œil : depuis le bateau, le sable apparaît clair et uniforme, l'herbier sombre et moucheté. Par temps clair, cette lecture suffit.
🌬️ Le vent décide plus que le programme
Dans le Var, l'orientation du vent détermine où l'on peut mouiller confortablement — bien davantage que la distance.
Par vent d'ouest ou de nord-ouest, dont le mistral, la côte nord de Porquerolles et la rade d'Hyères offrent l'abri
Par vent d'est, l'abri se cherche de l'autre côté : la baie du Langoustier, à la pointe ouest, retrouve tout son intérêt
Le mistral peut se lever vite et durer plusieurs jours : la consulter la veille au soir ne suffit pas toujours
C'est précisément là qu'un skipper professionnel change la journée. Il ne se contente pas de barrer : il choisit le mouillage en fonction du régime du jour, et décale l'itinéraire quand il le faut.
🗓️ Quand partir
La saison utile s'étend de mai à octobre. À l'intérieur, trois périodes très différentes.
Mai et juin : eau encore fraîche, mouillages vides, tarifs bas — la période que recommandent la plupart des équipages réguliers
Juillet et août : meilleures températures de baignade, mais affluence réelle sur les mouillages du nord de Porquerolles et réservations à anticiper
Septembre : le meilleur compromis, mer encore chaude et fréquentation retombée
📍 Hyères, Toulon ou Bandol : lequel choisir comme point de départ
Les trois ports desservent le même massif d'îles, mais ils ne donnent pas la même journée. Le choix se fait sur la distance à parcourir avant d'arriver là où l'on veut être.
Hyères, si les îles sont le but
C'est le départ le plus court vers Porquerolles, Port-Cros et le Levant. Sur une seule journée, c'est ce qui laisse le plus de temps au mouillage plutôt qu'à la route. En contrepartie, la rade est moins variée : on va aux îles, et c'est à peu près tout.
Toulon, si l'on veut le choix
Toulon a deux façades. Vers l'est, les îles d'Or, à 1 h ou 1 h 30. Vers l'ouest, le cap Sicié puis Les Embiez, un tout autre paysage. Sur un week-end ou une semaine, cette double ouverture permet d'adapter l'itinéraire au vent du jour au lieu de le subir — un avantage réel quand le mistral s'installe.
Bandol, si l'on cherche court et abrité
Bendor est à quelques encablures du port, et les criques de l'ouest varois suivent. C'est le meilleur départ pour une première sortie, ou avec des enfants à bord : pas de traversée longue, un plan d'eau plus protégé. Les îles d'Or, en revanche, deviennent une affaire de plusieurs jours.
En résumé : Hyères pour les îles en une journée, Toulon pour la polyvalence, Bandol pour la douceur.
🚤 Concrètement, partir avec Blue Wave
Un point de transparence : les bateaux Blue Wave partent de Toulon et de Bandol, pas d'Hyères. Cela ne change pas grand-chose au programme — depuis Toulon, Porquerolles se rejoint en 1 h à 1 h 30 de navigation, et les îles d'Or restent la destination la plus fréquente de la flotte.
La flotte compte 20 bateaux : 13 catamarans, 4 voiliers et 3 trimarans, de 10 à 16 mètres, pour 5 à 12 personnes. Les tarifs démarrent à 175 € par jour. Sans permis, un skipper professionnel embarque à partir de 300 € par jour et prend la barre — c'est aussi lui qui arbitre la météo.
Pour une sortie organisée depuis Hyères même, avec skipper, l'équipe répond au 06 25 01 32 89.





