Il se passe quelque chose de particulier en fin d'après-midi, quand les bateaux venus pour la journée relèvent l'ancre et repartent vers la côte. La baie se vide, le bruit tombe, et l'île redevient ce qu'elle est le reste de l'année. C'est exactement ce moment que l'on vient chercher en dormant à bord.
Voici deux itinéraires de long week-end au départ de Toulon. Le premier file vers l'est et les Îles d'Or, le second vers l'ouest et la côte de Bandol. Ils ne sont pas interchangeables selon l'humeur : c'est le vent annoncé qui doit décider lequel vous ferez.
🗓️ Quand le format court est possible
Un point à clarifier d'emblée, parce qu'il détermine tout le reste. En juillet et en août, la location se fait à la semaine, du samedi au samedi. C'est le rythme de la haute saison et il ne souffre pas d'exception.
D'avril à juin, puis en septembre et octobre, le format long week-end devient possible, sur trois à quatre jours. Et ce n'est pas un lot de consolation : ce sont précisément les meilleures semaines de l'année pour naviguer ici. L'eau est bonne, les mouillages respirent, le vent est plus maniable, et l'on trouve encore de la place devant la plage d'Argent en milieu de journée.
Septembre a même un avantage supplémentaire sur juin : la mer a emmagasiné la chaleur de l'été et reste souvent plus agréable, alors que la côte s'est vidée.
⛵ Pourquoi dormir à bord change tout
La différence avec une simple sortie n'est pas seulement une question de temps supplémentaire. Elle est de nature.
Sur une seule journée, la logistique commande : il faut partir tôt, surveiller l'heure du retour, et l'on renonce presque toujours à un mouillage pour ne pas rentrer de nuit. Sur trois jours, cette contrainte disparaît. On peut s'attarder dans une crique parce qu'elle est belle, dîner à bord au coucher du soleil, se baigner à 7h du matin dans une eau lisse et déserte.
L'autre gain est géographique : Port-Cros, difficilement atteignable en aller-retour depuis Toulon, devient une étape confortable. Et les journées suivantes permettent de rentrer par un autre chemin que l'aller.
🌬️ Choisir son itinéraire la veille du départ
Sur cette côte, la question n'est pas « où veut-on aller » mais « où sera-t-on bien ». Le bulletin météo marine de la veille au soir donne la réponse.
Si le mistral est annoncé, de nord-ouest, la côte ouest devient hostile : le cap Sicié accélère le vent et la mer se forme vite. Partez vers l'est. La façade nord de Porquerolles et la presqu'île de Giens offrent des abris confortables même quand ça souffle.
Si un vent d'est est annoncé, c'est l'inverse. La houle rend les mouillages de la façade est des îles inconfortables, y compris la plage Notre-Dame. L'ouest varois se retrouve sous le vent et devient le bon choix.
Par temps calme et stable, les deux itinéraires sont ouverts. Prenez alors celui des Îles d'Or : c'est la plus belle navigation des deux, et il n'y a pas tant d'occasions dans l'année où le sud de Porquerolles est praticable confortablement.
🏝️ Itinéraire 1 : les Îles d'Or, Porquerolles et Port-Cros
L'itinéraire de référence, à faire par mistral modéré ou par temps stable. Environ 50 à 60 milles nautiques sur trois jours.
Jour 1 : Toulon vers Porquerolles
Départ en fin de matinée, une fois le bateau pris en main. On sort de la rade, on laisse Saint-Mandrier sur tribord et l'on met le cap à l'est en longeant la côte jusqu'à la presqu'île de Giens. Comptez 1h à 1h30 pour 15 à 20 milles nautiques. La traversée est déjà une belle navigation en soi, l'eau devenant nettement plus claire à l'approche des îles. Le détail de ce trajet est développé dans notre itinéraire Toulon vers Porquerolles.
Première escale à la plage d'Argent, au nord, pour la baignade. Puis cap à l'ouest vers le Langoustier, nettement plus sauvage et moins fréquenté. Notre sélection des plus beaux mouillages autour de Porquerolles détaille chaque option.
La première nuit au mouillage
C'est le moment fort du séjour. Choisissez une baie abritée du vent annoncé pour la nuit, sur fond de sable et à l'écart des herbiers de posidonie, protégés sur toute la zone. Les zones de mouillage nocturne autorisées évoluent d'un arrêté à l'autre : vérifiez la réglementation en vigueur avant de vous installer. L'alternative est une place au port de Porquerolles, à réserver très en avance.
Dîner à bord, lumière rasante sur l'île, et une eau redevenue calme. Vers 19h, la baie s'est vidée des trois quarts de ses bateaux.
Jour 2 : le tour de l'île, puis Port-Cros
Baignade au réveil, puis le tour de Porquerolles si la mer le permet. Le sud de l'île est spectaculaire, falaises et criques sauvages, mais le secteur est exposé et se referme dès que le vent monte. En remontant vers l'est, la plage Notre-Dame mérite l'arrêt.
Cap ensuite sur Port-Cros, à environ une heure. L'île est un parc national et cela se voit immédiatement sous l'eau : les fonds y sont d'une richesse sans commune mesure avec le reste de la côte, et le sentier sous-marin se parcourt masque sur le nez. La contrepartie est une réglementation stricte, sur le mouillage comme sur la pêche et la circulation. Renseignez-vous avant d'arriver, les règles y sont réellement appliquées.
Jour 3 : le retour
Matinée à Port-Cros, puis retour vers Toulon, environ 2h à 2h30 de navigation. Prévoyez large et partez en début d'après-midi en début ou en fin de saison, la nuit tombant plus tôt qu'on ne le croit. Sur quatre jours, on ajoute une nuit supplémentaire et l'on rentre en longeant la presqu'île de Giens et la Badine.
🪨 Itinéraire 2 : l'ouest varois, du cap Sicié à Bandol
L'itinéraire à privilégier par vent d'est, ou quand les îles sont trop fréquentées. Plus court en distance, environ 40 à 50 milles nautiques, mais avec des paysages de côte très différents.
Jour 1 : Toulon, le cap Sicié, Les Embiez
On sort de la rade et l'on met le cap à l'ouest. Le cap Sicié se dresse rapidement : une falaise sombre qui plonge droit dans la mer, l'un des morceaux de côte les plus impressionnants du Var. Le passage demande une mer maniable, le vent y accélère sensiblement. Une fois doublé, tout s'apaise et l'archipel des Embiez apparaît, à environ 1h à 1h30 de Toulon.
Les Embiez offrent des mouillages abrités et des eaux peu profondes très claires. C'est un secteur idéal pour le snorkeling et pour une fin de journée tranquille. En remontant, la baie de Sanary prolonge agréablement le programme.
Jour 2 : Bandol et Bendor
Cap sur Bandol, à un peu moins d'une heure. Le port est central et animé, ce qui permet de dîner à terre si l'envie vous prend, et l'île de Bendor est posée à quelques encablures du quai. Ceux qui préfèrent le calme mouilleront dans une anse voisine. Tout ce secteur est couvert par notre guide pour visiter Bandol en bateau.

Si les conditions sont belles et que vous avez le temps, un détour par les calanques de la côte de Bandol vaut largement l'heure supplémentaire.
Jour 3 : le retour
Matinée autour des criques de la côte bandolaise, puis retour vers Toulon en repassant Sicié, idéalement avant que la brise thermique ne s'installe. Sur un quatrième jour, on pousse plus à l'ouest ou l'on s'offre une seconde nuit aux Embiez avant de rentrer sans se presser.
🌙 Dormir à bord : ce qu'il faut savoir
Les nuits au mouillage font tout l'intérêt du séjour, et c'est aussi ce qui demande le plus d'anticipation.
Le choix du mouillage nocturne se fait selon le vent de la nuit, pas selon celui de l'après-midi : un abri parfait à 17h peut devenir intenable à 3h du matin
Mouillez sur fond de sable clair et évitez les herbiers de posidonie, protégés sur toute la zone
Prévoyez de la longueur de chaîne : au mouillage de nuit, on mouille plus large que pour une pause déjeuner
L'eau douce à bord est une ressource limitée, les douches se prennent courtes
Une lampe frontale et un vêtement chaud sont utiles, y compris en septembre
Vérifiez la réglementation de mouillage en vigueur, particulièrement dans le périmètre du parc national de Port-Cros
Si vous partez avec un skipper, ces questions ne sont plus les vôtres : le choix du mouillage de nuit fait partie de son métier, et c'est précisément là qu'il apporte le plus.
🎒 Ce qu'on emporte
Le principe de base : un sac souple, jamais une valise rigide, qui ne se range nulle part à bord.
De l'eau en quantité, plus que ce qui vous semble raisonnable
Les repas et de la glace pour la glacière, les escales à terre ne sont pas quotidiennes
Crème solaire, casquette et lunettes attachées
Un coupe-vent et un pull : les soirées et les retours sont frais
Des chaussures à semelle claire qui ne marquent pas le pont
Masque et tuba, l'essentiel de ce que vous verrez se trouve sous la surface
Une batterie externe, les prises à bord étant peu nombreuses
🧠 Le conseil du skipper
Ne planifiez pas tout le séjour à l'avance, planifiez seulement le premier jour. Les meilleurs départs sont ceux où l'on décide du lendemain la veille au soir, en fonction de ce qu'on a vu de la mer et de ce que dit le bulletin. Le tort classique est de vouloir tenir un programme écrit à terre. Sur plusieurs jours, vous avez le luxe de vous adapter : utilisez-le.
🚤 Organiser votre séjour au départ de Toulon
Ces deux itinéraires se font aussi bien en autonomie, si vous avez le permis et l'habitude du mouillage de nuit, qu'avec un skipper à bord. Le format se prête particulièrement bien au catamaran, plus stable au mouillage et plus confortable à vivre sur plusieurs nuits.
Retrouvez l'ensemble de nos bateaux disponibles à la location à Toulon, et notre guide sur toutes les sorties en mer au départ de Toulon si vous hésitez encore sur le format. Un dernier mot : les créneaux de printemps et de septembre, les seuls où le format court est disponible, partent très tôt.




